mercredi 4 septembre 2013

« Ce livre ? C'est de la merde. »


Copains lecteurs,

Aujourd'hui, j'aimerais laisser de côté mes impressions livresques pour évoquer un sujet qui me turlupine depuis un moment ; la honte, voire la culpabilité de lire certaines oeuvres. En un mot, les lectures non assumées et leurs raisons.

En effet, je pense que tout lecteur a éprouvé un jour cette désagréable sensation, et si ce n'est pas le cas, je mets la sincérité de celui-ci en doute, car quoiqu'en disent les bons dictons, l'avis des autres compte, c'est un fait. J'ai donc moi-même été confrontée à ce sentiment de honte à plusieurs reprises dans ma vie de lectrice et j'ai récemment décidé d'assumer pleinement mes lectures. Facile, me direz-vous, presque du bon sens, mais lorsque l'on est confronté au jugement d'autrui, ça ne s'avère pas toujours si simple, dans cette méchante chose qu'est la réalité.

Rien de mieux que de prendre un exemple concret afin d'étudier cet étrange phénomène. Prenons le roman Le Cadeau d'une mère, de Britney et Lynn Spears. C'est un livre que j'affectionne énormément, et certainement celui que j'ai le plus relu de toute mon expérience de lectrice, avec un plaisir qui ne s'amenuise jamais. J'aime sa narration, ses personnages frais et authentiques, l'atmosphère du Sud des Etats-Unis et l'histoire simple mais bien ficelée qui me pousse toujours à tourner les pages. Quand j'avais douze ans, ce genre de lectures passait fort aisément aux yeux de mon entourage. Et pourtant, maintenant que je suis une petite adulte, j'ai du mal à l'avouer et je n'en parle quasiment jamais quand je cite mes livres favoris. Pourquoi ? Parce qu'il est signé Britney Spears, et qu'en tant qu'écrivain, la chanteuse est tout sauf légitime. Les gens sauteraient en effet sur la conclusion : « C'est signé Britney Spears, c'est de la merde » ou s'ils le lisaient et l'appréciaient, peut-être crieraient-ils au ghostwriter. Je me souviens d'une fois où l'un de mes professeurs avait demandé de rédiger un paragraphe sur le livre qui nous réconfortait dans les moments difficiles et, pour moi, c'était précisément celui-ci. Pourtant, j'en ai cité un autre, car je craignais le jugement de mon professeur ou même qu'il ne diminuât ma note. Parce que, pour les gens du « milieu » (cette anecdote étant liée à mes années de DUT Métiers du livre), c'est de la mauvaise littérature. Point.

Prenons maintenant un autre exemple, on ne peut plus connu et très révélateur de ce jugement ; j'ai nommé la série Twilight dont je viens de lire le premier tome. Tout le monde crache volontiers dessus (ou en tout cas beaucoup de monde que je connais) et déclare que ça ne vaut tout simplement pas la peine d'être lu. Et pourtant, 90% de ces gens l'ont lue, cette série, et beaucoup l'ont appréciée de prime abord, avant de changer leur fusil d'épaule pour ne pas avoir l'air d'avoir des goûts douteux. Ce qui me fait doucement sourire. Seulement, quand on aspire à travailler dans le domaine de la culture, on ne peut pas aimer Twilight, ou alors on passe pour un crétin qui ne mérite pas d'évoluer dans ce milieu. Ainsi, quand j'ai voulu le lire à mon tour (puisque c'était finalement une lacune que de ne pas en avoir connaissance), j'avais un peu honte. Au moment de l'acheter, je me suis même inquiétée de la réaction du caissier (inexistante puisque je l'ai acheté chez Gibert... bref, c'est un autre sujet de débat), de son jugement. Je n'osais pas trop dire autour de moi que j'allais le commencer, et quand je l'ai fait, j'ai eu droit à des « Tu vas t'amuser » ou des « C'est de la grande littérature » ironiques. Quand je l'ai terminé, on me sautait dessus avec des « Aloooors ? » pleins de sous-entendus qui attendaient que je dise que c'était mauvais. Je n'osais même pas le prendre pour lire dans le métro, car je savais que les gens, voyant la couverture, allaient penser « Elle lit de la merde, des trucs de vampires pour ados ». C'est ce que j'aurais moi-même pensé, en tout honnêteté. Mais en y réfléchissant, je trouve ça aberrant. « Oui, et alors ? », j'avais envie de leur cracher à la figure. N'est-on pas libre de lire ce que l'on veut ? Bien sûr, mais au risque de se prendre des coups d'oeil dédaigneux, ce qui ne motive pas vraiment à braver le regard des autres. Je ne devrais pas en être atteinte, mais hélas, je n'y peux rien, mon orgueil de lectrice s'en trouve blessé. Dans la même veine, un autre de mes professeurs nous avait raconté que, lisant un essai sur la sexualité, il avait été obligé de masquer la jaquette avec une feuille de papier pour éviter les regards inquisiteurs dans les transports en commun... Ce qui m'a amenée, un jour, à être plus que surprise lorsque j'ai surpris dans le train un homme d'une quarantaine d'année, avec entre les mains 50 nuances de Grey. Là, je me suis dit chapeau, et j'ai décidé d'en prendre de la graine.

Ce jugement dans la littérature est quelque chose qui me chagrine pas mal, car je trouve que chacun est libre de lire ce qu'il veut, c'est même une chance que d'autres n'ont pas. Pensons aux autodafés, aux interdictions de livres qui pourraient nous en priver ! Alors pourquoi ne pas profiter de cette diversité et goûter à tous les genres qui existent ? La littérature, si elle recule en ce moment, a néanmoins explosé en comparaison aux siècles passés, il n'y a qu'à regarder le nombre de titres qui sortent chaque année. Néanmoins, j'avais honte de certaines de mes lectures, une honte qui était nourrie par le regard réprobateur d'inconnus ou même des remarques de mon entourage, et j'avais tort. Ces gens n'ont pas à juger de mes lectures, comme je n'ai pas à juger des leurs. Car c'est un poids qui parasite réellement mon plaisir de lecture, et je ne devrais pas me dire avant de prendre le métro : « Ah non, je ne prends pas ce bouquin parce qu'il a l'air stupide et donne une mauvaise image de moi » ou parce que la couverture indique que c'est de la littérature populaire, du style chick lit ou bit-lit. Aujourd'hui, quand je vois quelqu'un lire du Guillaume Musso ou du Marc Lévy dans les transports, je ne me dis pas qu'il lit de la merde, mais je suis contente que cette personne lise, tout court, plutôt qu'il ne joue à un jeu stupide rivé sur son téléphone portable. Il ne faut pas oublier que ces auteurs décriés —Stephenie Meyer, E. L. James, Musso, Lévy, Sophie Kinsella et consorts — font vendre BEAUCOUP de livres, nettement plus que des essais ultra pointus mais qui certes donnent l'air cultivé. Ces livres sont nécessaires à la survie de l'édition et du monde du livre, distributeurs, diffuseurs, et en première ligne, les libraires. En parlant de libraires, ceux qui se permettent de hausser les sourcils quand ils scannent les bouquins, affichant de façon ostentatoire leur mépris, m'exaspèrent franchement. Je suis de plus en plus écoeurée par les professionnels qui s'avèrent élitistes, en plus d'être souvent peu aimables avec la clientèle. Tous les goûts sont dans la nature, non ? Et s'ils méprisent certains genres, pourquoi en commander ? Parce que cela fait tourner leur librairie, et même si c'est dur à avaler pour eux, ils ne peuvent s'en priver, surtout dans le contexte économique actuel. Je me souviens par ailleurs qu'un professeur de librairie nous racontait que l'une de ses clientes fidèles achetait le dernier Marc Lévy en supermarché plutôt que dans sa librairie de quartier, de peur que son libraire ne la juge négativement. Si ce n'est pas révélateur du climat ambiant...
Par cette peur du jugement et l'estampillage de certains genres comme mauvais, les lecteurs sont donc mis dans une position d'insécurité, et ce, à cause de la hiérarchisation de la littérature, entre la bonne littérature légitime (Gallimard et compagnie) et la mauvaise littérature illégitime, la littérature populaire donc (Harlequin et consorts). Et pourtant, si certains genres ou livres ne mériteraient pas d'être lus, comme le proclament certains, pourquoi l'éditer, le vendre, le conseiller ? C'est qu'il y a une demande, un lectorat qui y prend du plaisir. Et l'on devrait respecter ce plaisir, différent pour chaque lecteur.

Voilà, je l'ai dit, et avoir poussé ma joyeuse gueulante m'a un peu rassérénée mais c'est un enjeu qui me tient à coeur. Cette petite tribune paraîtra certainement pleine de naïveté, j'en suis consciente, mais je prends le risque, car c'est comme ça qu'on avance. Car, en faible humaine que je suis, j'ai moi-même mis du temps à me défaire des préjugés idiots qui me collaient au cerveau. J'espère donc que cet article fera réfléchir d'autres personnes, qui à leur tour, exposeront ce problème et tenteront d'y remédier. On peut rêver, non ?
Enfin, votre avis m'intéresse au plus haut point, n'hésitez donc pas à contribuer de par votre expérience ou vos impressions personnelles, semblables ou divergentes aux miennes car j'en suis fort curieuse !
Et pour finir sur une note positive (oui, tout de même !), faites que la lecture reste un plaisir personnel, assumez, revendiquez et dégustez !

70 commentaires:

  1. Très bel article, Flora. C'est quelque chose que l'on constate tous, et même, à ma grande honte, dans mon propre discours. Évidemment, on est extrêmement conditionné, quand on évolue comme nous dans le milieu du livre. Quand j'ai lu la trilogie d'EL James (sans déplaisir, par ailleurs, même si cela ne m'a pas plus marquée que cela), les gens de mon entourage s'étonnaient (non, tu l'as vraiment lu ? pour le boulot, alors, hein ?). Eh bien, oui, en partie pour le boulot, et en partie par curiosité personnelle...Malheureusement, ce sont nos travers. On a tendance à penser qu'on peut juger une personne par ses lectures...dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es !

    Pourtant, c'est con comme réflexe. Mais là, encore, hélas, j'ai bien souvent le même. Pourtant, j'ai déjà souffert de ce préjugé. Une fille de ma classe, en DUT justement, m'avait même dit une fois "de quel droit critiques-tu les livres au programme de littérature (tous estampillés Minuit ou folio, cette soi-disant littérature élitiste parfois, osons-le le dire, un peu chiante) alors que toi, tu ne lis que des trucs avec des vampires ?!" Outre le fait que c'était faux (j'en lis, mais je lis bien plus de choses !), je me suis demandée qui elle était pour me juger, ce que je lui ai d'ailleurs répondu (j'ignorais que je devais justifier de mes lectures auprès de toi)...cela m'avait piquée au vif ! Je pense que ton article va susciter de nombreuses réactions, d'ailleurs, je le partage sur les réseaux sociaux.

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    1. Merci infiniment pour ton expérience, Emily et d'avoir partagé l'article ! Son succès est sûrement grâce à toi ! :)

      Je crois qu'on a tous jugé des lectures, moi-même ça m'est souvent arrivé, même si aujourd'hui je le regrette. En tout cas, on comprend mieux l'effet que l'on peut produire lorsque ça nous arrive, comme ça a été le cas pour toi. Je me souviens bien de cette anecdote que tu m'avais racontée, et finalement, la demoiselle s'en est voulue ! Comme quoi, rentrer dans le lard, ça peut servir parfois, héhé ! Alors n'hésitons pas !

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    2. Bonjour à toutes et tous
      Le formatage "intello" évoqué ici gangrène la vie culturelle française dans son ensemble. Je témoigne car je refuse le formatage à tous points de vue. Avec une maîtrise de lettres et un diplôme de documentaliste j'ai beaucoup travaillé dans la communication d'entreprise et la presse. Aimant les livres j'ai dernièrement passé des concours pour être bibliothécaire, sans succès. Dorénavant c'est la retraite.
      Je ne suis pas formatée donc:
      J'admire les comédiens qui travaillent dans le spectacle pour enfants. Or leur travail et leur talent ne sont reconnus par personne.
      J'adore le conte et les conteurs (certains, car les intellos commencent à envahir le terrain): ce n'est pas la mode, pourtant les contes nourrissent l'âme et l'émotionnel
      J'aime une certaine littérature pour enfants. Comme dit T de Fombelle, les auteurs ont encore le droit dans ce domaine d'être créatifs sans subir la foudre de "st germain des près"
      Et les textes de Grand corps malade me tirent les larmes.

      "Vendre" ou être populaire prouverait la médiocrité, quel snobisme! Comme ils doivent aimé leur petit pouvoir ceux qui affirment cela. En france il faut aussi être fou, malade, pauvre ou déjanté pour avoir la côte. Or si vous visitez le beau musée où sont exposées les sculptures de Paul Belmondo, le père de Jean paul, vous découvrirez les œuvres d'un artiste heureux. Dans une lettre exposée, il affirme être heureux avec sa femme et ses enfants, et que la sculpture lui a permis de passer de la beauté à la bonté, de par ses rencontres avec des êtres généreux: quelle merveille!

      En France certains aiment cultiver les élites, la lecture de certains ouvrages fait partie de ce système. Considérer que la musique classique est réservée à une élite fait partie du même processus. or je me souviens que le petit fils d'un de mes amis peintre en batiment, à la scolarisation minimale, à l'âge de 5 ans me demandait: "sylvie, on écoute de la musique, t'as bien Pavarotti"? Son grand père écoutait de l'opéra tout le temps et ce gamin de montmartre qui vivait avec sa maman célibataire et pauvre, connaissait tous les grands airs par coeur!
      Bon courage à vous
      sylvie

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  2. Superbe article.
    On se reconnait volontiers.
    En tout cas maintenant, j'assume toutes mes lectures sans problèmes. Nous avons tous des goûts différents de toute façon.

    J'ai adoré twilight, je l'ai relu d'ailleurs. Un coup de coeur. Par contre j'ai bien aimé 50 nuances le tome 1 et le 2 je l'ai même pas fini, car j'ai détesté ...
    Je lis des harlequin et j'ai lu pour elle et j'adore ça ! ^^
    Au final, je lis de tout, romance, science-fiction, fantasy, fantastique, horreur, thriller ... Et c'est très bien comme ça ^^

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  3. Entièrement d'accord! Ca me fait penser au jugement d'une instit' quand j'avais déclaré lire du Agatha Christie. "A ton âge ? mais c'était bon quand tu avais douze ans, plus maintenant!" Hum. Je me demande aussi si les gens ne font pas une réaction épidermique envers ceux qui ont du succès, comme si c'était forcément une preuve de médiocrité qui suscite l'adoration des foules. On peut critiquer l'auteur autant qu'on veut, mais de grâce laissons le lecteur tranquille :)

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    1. En effet, je suis tout à fait d'accord sur la contre-réaction face aux succès de librairie. Si ça se vend autant, c'est forcément louche, et donc mauvais. C'est de suite estampillé "littérature de masse" ou commerciale, ce qui devient vite synonyme de populaire et donc, de médiocre. Pensons à Dan Brown, Twilight, 50 Shades, etc, et même Harry Potter ! Bien sûr, tout n'est pas génial, mais ça plait indéniablement à la communauté des lecteurs. Alors non seulement ça illumine un peu la vie des gens, mais en plus, ça fait tourner le marché du livre ! Que demande le peuple ? :)

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  4. Ca c'est dit !! Enfin lire clairement écrit ma pensée ça fait du bien. J'ai aussi parfois un peu "honte" de mes lectures, je me dis c'est pas assez "intelligent", et on me le fait ressentir. Mais maintenant même si j'ai 1 seconde de honte en sortant mon livre de mon sac parce que la couverture montre bien ce que je lis ben cette seconde passée, je m'en fiche complètement en ouvrant le dit livre et me plongeant dans mon plaisir qu'est la lecture. Si on me fait la moindre réfléxion ben ma réponse sera "ben moi au moins je lis!". Donc même si ce n'est pas toujours facile j'essaye d'assumer un maximum mes lectures maintenant. Je n'ai eu aucunement honte de lire 50 nuances de Grey dans le bus lol. Et si on me demande si j'ai lu Twilight je dis oui et que même si ce n'est pas de la "grande" littérature comme ils l'entendent ben j'ai apprécié ma lecture, pour preuve la lecture des 4 bouquins en 15 jours. J'adore la lecture vampirique et même si ça peut paraitre idiot pour certains (la plupart des collègues de boulot...) ben je les prends plus en pitié de ne pas respecter mes choix que de me rabesser, car oui hélàs ce genre de réaction m'ont durant un tant agresser ma confiance en moi.
    Donc je voulais vous dire un grand merci pour cet article, cela fait du bien de se sentir moins seule avec ce sentiment de lectures non assumées à assumer !!

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    1. Je suis ravie que mon article te parle autant et tous ces commentaires me touchent énormément, c'est fou comme on se sent moins seule !

      Je t'encourage donc sur cette voie ! Comme toi, j'essaie d'assumer, maintenant, et quand je sors un bouquin pas très légitime en public, je le montre bien, et puis je fais un grand sourire à ceux qui me dévisagent, histoire de montrer que OK, j'assume. Et finalement, les gens réagissent moins que si je le cachais (où là, ils feraient tout pour voir la couverture). Alors, peut-être qu'un peu de provocation aide à faire passer la pilule, en fait ! :)

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  5. C'est un très bon article, très bien argumenté et très juste. Je fais partie des lectrices qui "méprisent" certains livres, les Musso et Lévy dont tu parles, et pas mal d'autres auteurs, certains pour les avoir lus, d'autres parce que je me doute de ce qui se trouve dans leurs romans. Je considère aussi que Twilight est un mauvais roman, et pourtant, je l'ai lu avec plaisir. Contrairement aux apparences, je ne pense pas que ce soit contradictoire. J'adore manger dans les fast food, et pourtant, je ne considère pas que la nourriture servie soit bonne, et j'aurais honte de dire à un vrai cuisinier que j'aime y aller. C'est pareil pour les livres. Certains sont captivants et faciles à lire, ce n'est pas pour ça qu'il s'agit de "bons" livres, qui resteront dans l'histoire de la littérature, ou qui s'illustrent par un style et des idées nouvelles. Il y a une littérature "fast-food", dont on n'attend rien qu'un bon moment (avec un peu de chance) mais le plaisir de tourner les pages n'a rien à voir avec le plaisir de s'arrêter une demi-heure devant une phrase ou une idée, et ça, je ne l'ai jamais trouvé dans la littérature que tu défends si justement.
    Pour résumer, des fois je lis de la merde, et quand ça me plaît, j'en lis encore, mais pour moi ça reste de la merde. (je suis grossière mais c'est pour continuer avec ton titre). De la même façon, des fois je bouffe mal, et j'aime ça, mais mon plaisir ne me fait pas prendre un cheeseburger pour un mets gastronomique. Merci en tout cas pour ton article qui ouvre une discussion très intéressante, et désolée si ce que je dis agace certaines lectrices (je ne respecte pas certains auteurs, mais je respecte énormément leurs lecteurs et les sentiments que ces lectures leur procurent).

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    1. Merci pour cette analogie, dans laquelle je me reconnais totalement ! Tu as mis le doigt sur quelque chose :) J'ai parfaitement conscience de lire parfois de "la merde", mais j'en ai besoin de temps en temps, ça me détend. Après, l'admettre quand tu travailles dans l'édition, ce n'est pas toujours facile, car on est jugé, par nos profs, nos collègues...

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    2. Un grand merci pour ton apport qui est diablement intéressant à creuser...
      En effet, je suis tout à fait d'accord avec toi sur cette nuance. J'ai peut-être manqué de clarté, mais je ne prône pas la littérature populaire à tout prix, et je sais bien que certaines oeuvres ne sont pas toujours de qualité (selon les critères académiques, ahhh les vilains !). Moi aussi, j'adore lire de la merde, parce que c'est divertissant et ça fait oublier les tracas de la vie quotidienne. Le truc qui me chagrine, c'est de juger hâtivement et de condamner les lecteurs, qui du coup, se sentent fautifs. Chacun a le droit de penser et de juger personnellement les oeuvres (et heureusement qu'on a cette liberté !), moi-même je le fais quand je referme un livre que je n'ai pas aimé. Mais ce que je n'aime pas, c'est qu'on déclare que ça, tac, c'est de la merde et rien d'autre. Dans ces cas-là, on dit "Je n'aime pas", car d'autres trouvent peut-être ça génial, qui sait. Condamner un livre, je trouve ça triste, car ça dissuadera d'autres lecteurs de s'y intéresser.
      En tout cas, merci pour ton commentaire très fin qui ouvre encore d'autres réflexions ! :)

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    3. Aha, grâce à cet article et à ce commentaire, je pourrai fièrement afficher mes lectures et répondre à quiconque me critiquera : "toi, tu bouffes bien de la merde!"

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  6. Merci pour cet article ! Le snobisme littéraire me fait bondir. Etant plutôt sûre de moi, j'arrive très bien à assumer mes lectures (tant celle de l'inceste lue alors que j'avais à peine 8 ans que Marc Lévy dont j'ai particulièrement apprécié un de ses livres). Ceux qui ont essayé de me dire que je n'avais aucune culture littéraire ont été bien reçus.
    Mais finalement les préjugés sont dans les deux sens, je ne peux m'empêcher, instinctivement, de me dire qu'une personne qui me dit ne lire que des classiques doit bien s'emmerder. Il me suffit de 5 secondes de rationnalisation pour savoir que c'est faux, chacun sa came, n'empêche mon premier élan est ainsi. Néanmoins, comme l'un des jugements fait plus de dégâts que l'autre (ce n'est que mon point de vue, dire à un jeune adulte qu'il est stupide à cause de ses lectures cause plus de dégâts parce qu'il vient de personnes "supérieures" (prof, parents ...) que le jugement des pairs sur les classiques (vu que les "supérieurs" valident cette littérature !), le snobisme littéraire est mon cheval de bataille :)

    (un commentaire un peu décousu, pardon !)

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    1. Un point très intéressant, merci à toi !
      C'est drôle, je n'avais pas pensé sur le coup au jugement inverse, mais il peut aussi apparaître comme une contre-réaction vexée. Quelqu'un qui se voit critiqué pour ses lectures dites bas de gamme aura sûrement tendance à mépriser les lectures intellectuelles, hors de portée selon lui. Et les responsables ne sont autres que les accusateurs. De même, je suis bien d'accord sur les dommages que de tels jugements peuvent causer. Cela peut vraiment atteindre la confiance d'un lecteur, en ses goûts, ses capacités, mais ça pourrait même le dégoûter de la lecture ; puisque ces livres seraient mauvais, pourquoi les lire ? Finalement, ces gens détruisent peut-être des vocations de lecteurs...

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  7. Je découvre ton blog à travers cette article que j'ai énormément apprécié je vais suivre le reste maintenant, superbe réflexion.

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  8. Salut !!

    Excellent article !! Bon premièrement moi je ne travaille pas dans l'édition, je suis une lectrice de base qui à commencer à lire avec des Harlequin, puis ds j'ai lu pour elle et à découvert depuis de nombreuses années que sont auteur préférée est Nora Roberts. Deuxièmement je n'est jamais eu honte de lire ce genre de livre en public, bien au contraire, je lis ce qui me plais et si ça ne plaît pas à quelqu'un il n'a qu'à regarder ailleurs. Et pour finir je suis une fan de Twilight et autre lectures pour "ados" et j'ai 41 ans. J'adore cette saga, mais je lit aussi du Jane Austen, ou du Charlotte Brontë,de la bit-lit, urban fantasy etc... Ce sont des univers de lectures que j'ai découvert après avoir lu Harry Potter et Twilight. J'aime juste lire !!

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  9. Très bon article et très bien argumenté dans lequel je me suis beaucoup retrouvé ! Il y a encore quelques temps ( avant d'ouvrir mon blog ) j'étais cantonné à un certain genre littéraire, ne passait jamais dans les autres rayons genre bit-lit parce que je pensais que ce n'était pas de la vraie lecture. Et puis j'ai ouvert mon blog, découvert d'autres blog qui m'ont amenés vers d'autres choix de lectures que je me suis surprises à aimer et cela m'a ouvert les yeux.

    Pour moi lire est une partie de plaisir avant tout et chacun trouve son plaisir où il le peut et personne n'a à juger des goûts des uns et des autres ... Malheureusement les gens sont bornés je trouve sur ça et c'est bien dommage !

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    1. Merci pour ton commentaire ! :)

      C'est drôle car je me retrouve aussi dans ce que tu dis ! Avant d'ouvrir mon blog, j'étais une lectrice assez bornée à la litté contemporaine adulte. Puis, en voguant sur les blogs, j'ai découvert d'autres genres moins légitimes, comme la bit-lit ou le young adult, j'ai vu l'enthousiasme de ces lecteurs alors je m'y suis lancée et comme j'ai bien fait ! Bonne lecture à toi ! :)

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  10. Je suis totalement d'accord avec les propos tenus dans cet article et je le recommande même autour de moi !

    A dire vrai, je trouve qu'on pourrait aller encore plus loin, dans le sens où la littérature et la lecture elles-même sont devenus élitistes à souhait (ou l'étaient-elles depuis toujours ?) !
    Je fais partie de ces gens snobés bien souvent par ceux qui ont fait des études supérieures ou simplement littéraires. Et cela, tout simplement parce que j'ai été en cursus professionnel. Cela ne fait pas de moi une pauvre tarte, bonne en manger du foin et à lire de la m**de... pourtant, bien souvent c'est ce qu'il en ressort !
    Quand on fait des études littéraires et/ou supérieures, on se familiarise avec une certaine richesse de vocabulaire, certaines formes de construction intellectuelle également. Je crois qu'à force d'analyses poussées et de décomposition des œuvres, mais aussi d'explorations des "grands classiques littéraires" que propose le monde, on fini par trouver normal qu'un livre ou roman doit être bon s'il rempli un certain nombre de critères définis (souvent eux-même par un certain formatage de l'esprit effectué en parcours scolaire)...

    Oui, mais voilà : Le monde autour de vous est diversifié et chaque âme qui vit ressent les choses à sa façon, avec ses limites et avec son propre vécu ! (Et là, je m'adresse particulièrement à tous ceux qui ont fait des études supérieures et qui ont oublié les choses simples)
    Personnellement, je n'ai pas de vocabulaire étendu et certains livres de la littérature me gonflent ! "Ils sont bons, excellents, c'est ça la vraie littérature... blablabla !"
    Peut-être, oui ! Selon certains critères définis par ceux qui les lisent et les critiquent (qui, comme par hasard sont aussi des gens ayant fait de grandes études, en général ^^" en parlant de ceux dont c'est le métier).
    Sauf que moi, je vois surtout des livres généralement déprimants ou tout simplement pompeux, parfois tellement torturés que ça en devient insupportable... ou tout simplement impossibles à lire sans dictionnaire sous la main !^^"
    Pourtant, moi, adepte des lectures de l'imaginaire (le genre le plus dénigré et le moins reconnu depuis toujours), aimant lire Marc Levy et toute histoire qui me sortira de mon quotidien trop difficile ou étriqué, je ne dénigre pas les oeuvres de la "rentrée littéraire" ! Je ne crache pas sur les prix Goncourt et autres du genre...

    En réalité, je pense que la littérature est aujourd'hui comme la musique classique ! Il y a les puristes, qui ne souhaitent pas se mélanger aux autres et surtout dénigrer ceux qui ignorent leur pensée unique... et il y a tous les autres ! Ceux qui utilisent la même énergie pour s'ouvrir à la diversité et faire découvrir ce qu'ils découvrent eux-même.
    Sous des airs complètement élitistes, certains se coupent ainsi d'une partie de la population ; De ceux qui estiment juste un livre bon parce qu'il a rempli son rôle premier : divertir et nourrir l'esprit en l'évadant, en faisant travailler l'imagination... simplement :)

    Pour moi, les bons auteurs sont avant tout ceux qui nous font ressentir des émotions au travers de leurs œuvres. Mais également qui savent trouver le bon angle, la bonne manière de développer leur pensée de manière à rendre leurs écrits les plus accessibles par le plus grand nombre... et ça, ce n'est pas un exercice si facile à faire, je pense =)

    Bien entendu, mes propos n'engagent que moi... ^^

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    1. Quel commentaire, c'est un petit article à lui tout seul ! Merci infiniment à toi ! :)

      Je suis on ne peut plus d'accord avec toi sur tout ce que tu dis. Déjà, le jugement de la personne : tu as un cursus pro, donc tu es débile. J'ai vu le contraire à la fac : j'ai un cursus d'intello, je suis un génie, et c'était à vomir. J'ai suivi une filière plus classique et académique mais je n'ai pas du tout honte de dire que certains bouquins me font royalement chier (OUI !), du genre le mouvement du Nouveau roman, ça me tombe littéralement des mains. Est-ce que ça fait de moi une idiote ? Qui peut répondre à cette question ? Un prix Nobel peut-être ? Personne, car c'est juste mon avis personnel. Je sais que ça plaît, mais pas à moi.
      En tout cas, j'aime beaucoup ton attitude et ta vision des choses et je te souhaite de continuer sur cette voie ! Profite des livres à fond et continue à faire de belles expériences, parce que c'est ça de lire !

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  11. On lit tous des choses dont on a un peu honte. Mais bon, il y a des livres qu'on lit avec grand plaisir même si ce n'est pas de la grande littérature, l'essentiel après tout c'est de passer un bon moment. Mais je trouve que c'est important de pouvoir prendre du recul et de garder un esprit critique pour ne pas tout mettre au même niveau. Personnellement je lis absolument de tout et j'apprécie particulièrement ce genre de petits plaisirs coupables. Merci pour cet article !

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  12. Tu as tout résumé en disant que chacun est libre de lire ce qu'il veut tant que ça lui plait!
    Perso, j'ai horreur des Levy, Musso et compagnie, des policiers... mon chéri adore ça! Et il n'aime pas la fantasy, je ne lis que ça! Mais on s'en fout, l'essentiel, c'est de partager un moment de lecture ensemble!

    Le regard des gens, y a longtemps que je ne m'en préoccupe plus, (ou au moins, j'essaye! lol), j'aime lire et ceux qui critiquent mon genre de lecture sont sûrement bien malheureux car ignorants de toute la richesse qu'elle comporte sur tous les plans... du coup, je préfère ne pas perdre mon temps à tenter de leur expliquer (ils ne veulent pas comprendre donc c'est voué à l'échec!), je préfère lire encore plus !! lol

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    1. Haha, merci pour ton commentaire !

      C'est curieux car mon copain est pareil, il ne lit QUE du policier alors que moi je n'accroche pas du tout, et bien que le polar soit un genre illégitime (qui gagne en considération cela dit), il dénigre la bit-lit. Bizarre, non, venant d'un lecteur de genre populaire ? Comme quoi, c'est complexe ! Personnellement, je ne suis pas une grande fan de polar mais je comprends que ça puisse plaire. Alors je ne dis rien. :)
      Pour finir, je crois qu'il est difficile et souvent vain de vouloir raisonner certaines personnes, tu as raison de continuer à plonger le nez dans tes bouquins !

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  13. Magnifique article qui ne reflète que la vérité ! Personnellement, je suis une grande lectrice, qui touche à tout les genres, sans exceptions et qui est sans honte aucune une éternelle fan de la saga Twilight ! Tout comme la dernière trilogie à succès, "Cinquante nuances" que j'ai beaucoup aimé malgré les critiques de bon nombre de mes ami(e)s trouvant honteux de lire ce genre de livre avouons-le quelque peu "coquin".

    Autant lire pour son propre plaisir et non pas pour se faire un "genre" au milieu de ses amis ^^.

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  14. J'ai déjà rencontré le regard d'inconnus mais cela ne m’atteins pas. Chacun lit ce qu'il veut et si on commence à critiquer le choix de telle ou telle personne, on a pas fini. Le plus souvent, ceux qui critique ne lisent pas ou alors uniquement du "classique".

    Dans ma famille, j'ai fais comprendre que vu que je ne critique jamais leur lecture, ils n'ont pas à le faire avec moi. Et si jamais ça dérange quelqu'un, tan-pis pour lui ou elle.

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  15. Un immense merci à tous pour vos commentaires, noisette, Nemith, Michelle, Madimado, Anonyme et Kassandra. ❤
    Je les ai tous lus avec un grand intérêt et vous ne pouvez pas imaginer à quel point ils me font plaisir et me réconfortent ! J'avais un peu peur avant de poster l'article, mais je ne regrette absolument pas en voyant vos réactions. Aussi, je me sens moins seule et au contraire plus forte de savoir que ce sentiment est partagé !

    N'hésitez pas à partager cet article pour que d'autres viennent partager leur expérience ! :)

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  16. Sujet intéressant! Et grâce auquel je découvre votre blog.

    Je n'exclus pas de faire un billet sur ce sujet; mais du coup, je risque d'aller plus loin que vous dans l'inavouable...

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    1. Merci pour votre commentaire !

      Plus loin dans l'inavouable ? Voici qui me rend bien curieuse ! N'hésitez pas à partager votre billet s'il voit le jour, dans tous les cas, c'est avec plaisir que je le lirai !

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  17. Tu sais, je suis libraire et je lis principalement de la Young Adult. Mes collègues me taquinent lorsque des livres que j'ai commandés arrivent à la boutique. Tout simplement parce que ça a l'air cucul, mauvais, pas de mon âge. Moi j'aime ces lectures parce que je plonge facilement dans leur univers. Ca ne m'empêche pas de lire de tout et je dévore des livres sur l'Histoire ou des Thrillers avec tout autant de plaisir. Je ne fais pas fi de la réaction des gens qui regardent ce que je lis. Au contraire, je suis toujours fière de ce que je lis. La lecture, c'est très personnel et en même temps, on aime pouvoir la partager avec autrui.

    Il y a certains livres que j'évite de lire en public parce que ça pourrait choquer (une biographie sur Hitler par exemple)mais en général je m'en fiche. Il y a quelques mois j'ai lu un livre sur le troisième reich avec le faucon nazi et la croix gammée. J'ai bien vu le regard des gens et mon chéri m'a même fait remarqué qu'une jeune femme me regardait avec beaucoup de gêne. Je ne vois pas où est le soucis. Tant que je sais ce que je lis, et pourquoi je le lis, ce que les autres peuvent penser, c'est leur problème. Le principal c'est que je me cultive.

    Et en passant : les couvertures de twilight sont splendides, je les adores. Et en plus, c'est une très bonne série YA ! Il ne faut pas en avoir honte. Les gens aiment se moquer des goûts des autres mais refusent d'admettre qu'ils apprécient aussi des choses "inavouables".

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    1. Merci pour ton avis, Miawka !

      Tout d'abord et au cas où d'autres libraires lisent ceci, je tiens à préciser que je n'incriminais pas tous les gens de la profession, bien sûr, parce qu'avec le recul, j'ai été assez acerbe dans mon article, j'espère qu'ils ne m'en tiendront pas rigueur (j'ai des amis apprentis qui vont m'engueuler je pense). Cela dit, j'en ai croisé des pas gentils. Mais bref !

      Alors, je suis ravie de voir que tu assumes autant tes lectures, je dois dire que j'aimerais avoir ton assurance et ton détachement ! Tu as eu du culot de lire le livre sur le Troisième Reich dans les transports, et à ta place, j'aurais eu peur que quelqu'un ne m'apostrophe, vu la sensibilité explosive du sujet. Je t'admire donc et vais tâcher d'en prendre de la graine. Ça vient peut-être aussi avec le temps, je suis sûrement encore jeune et, comment dire, impressionnable. Je vais me faire ma petite carapace !
      Enfin, je suis bien d'accord avec toi sur les goûts inavouables des gens, qui n'en a pas, franchement ? Sauf qu'il faut sauver les apparences et donner une image de lecteur lisse et positive... Quitte à l'édulcorer voire à la façonner de toutes pièces !

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    2. C'est ce qui m'agace ici en France. C'est qu'il y a une réputation d'une littérature bobo. On ne met pas d'illustrations sur les couvertures parce que c'est la littérature française qui veut que les livres sont classieux et que les gens ne choississent pas le livre pour sa couverture (moi c'est mon cas. Je choisis mon livre pour sa couverture). As-tu lu cette article : http://www.slate.fr/story/69737/pourquoi-france-couvertures-livres-sobres ?

      Oh là, m'admirer ? Je n'en demande pas tant ! lol J'avoue que je pense quand même à ce que telle couverture va pouvoir susciter comme réaction. Des fois, ça me fait sourire mais bon, après tout, chacun doit être libre de ses lectures. Après tout, ces couvertures, des personnes les ont validées !

      Oh tous les libraires ne sont pas sympathiques mais on ne mord pas, c'est déjà ça ! ^^

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    3. L'article est très intéressant, merci pour le lien ! J'ai un peu étudié cette problématique de l'illustration des couvertures en cours et c'est un sujet à creuser. Et qui me donne envie d'en faire un article, tiens !

      Je te rejoins tout à fait sur l'importance des couvertures, car c'est un élément très important aussi pour moi et qui contribue nettement à mon achat. Ça paraît peut-être superficiel, mais c'est indéniablement un facteur qui va me décider, et qui m'interpelle en premier lieu. Car c'est la première chose que l'on voit et qui nous attire, non ? Ne soyons pas hypocrites, on va plus vers un livre qui est joli que vers un bouquin dont la charte graphique date des années 70 (sauf si on aime cette période). Les collections de type la blanche de Gallimard me laissent totalement de marbre, je trouve que c'est bon pour les e-books ; si je ne veux que du texte, je m'achèterais une liseuse électronique. Or, ce que j'aime, c'est aussi l'objet livre, avec sa texture, son odeur, son papier, et sa couverture ! Le problème vient bien sûr de la scission entre littérature noble (Gallimard, Minuit, POL...) et la littérature populaire qui a été la première illustrée. Par conséquent, les gens font l'amalgame illustration=populaire. Dommage, car certains livres sont beaux et de qualité, comme ceux des éditions Zulma, par exemple, très graphiques.
      En tout cas, ce sujet m'intéresse beaucoup aussi et je vais y méditer... Merci à toi ! :)

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  18. Bonjour,

    Je suis tombée un peu par hasard sur ton article, que je trouve brillant et presque triste, puisque tu as l'air d'avoir longtemps eu du mal à assumer tes lectures. J'ai fait des études littéraires, et quand on sort de prépa, c'est difficile d'avouer qu'on dévore des romans pour ados, qui sont mon péché mignon et qui constituent quasiment mes seules lectures depuis quelques années.

    J'ai par ailleurs fait mon mémoire de Master 2 sur la littérature pour ados et ai interviewé pas mal de blogueuses et de lectrices, qui m'ont toutes dit complètement assumé leurs lectures a priori destinées aux ados, et cela m'a fait chaud au coeur, car j'avais peur de découvrir que la littérature pour ados pâtissait d'une mauvaise image, même pour les adultes qui en lisaient.

    Finalement, je ne vois pas pourquoi on devrait avoir honte - pour lire mieux lisons cachés n'est pas un adage très fiable. Ne serait-ce que lire le dos de son paquet de céréales est toujours mieux que de jouer sur son téléphone. L'acte de lecture est précieux (tout comme celui d'écrire), donc peu importe ce qu'on lit et ce qu'on écrit, du moment qu'on lit :)

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    1. Hello Priscillia et merci pour ton commentaire ! :)

      En effet, j'ai longtemps eu du mal à assumer pleinement mes lectures, et même aujourd'hui, si j'ai décidé d'y remédier ou en tout cas de m'y confronter pour de bon, ce n'est pas tous les jours facile et j'ai parfois des rechutes (ça fait un peu droguée mais la métaphore est pas mal je trouve, héhé). Il est vrai que le milieu joue beaucoup, comme toi pour la prépa ; ayant été entourée de gens qui souhaitaient travailler dans le monde du livre, j'ai souvent entendu des remarques désobligeantes et j'ai préféré prévenir que guérir. Hélas ! Je sais que je devrais me rendre imperméable au regard des autres, mais le mettre en pratique est parfois difficile ! Dans tous les cas, tu as bien raison d'assumer comme tu le fais et je te souhaite tout plein de belles découvertes YA !

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  19. Très bon billet :)

    Je n'ai jamais eu honte de mes lectures, mais des remarques j'en ai entendu tout au long de ma vie de lectrice :) Quand j'étais au collège, je me suis prise de passion pour les classiques britanniques, j'ai découvert et dévoré Jane Austen, les soeurs Brontë, Dickens, Shakespeare, etc...Mes camarades se moquaient de moi et me traitaient d'intello (doublement, parce que 1) je LISAIS et 2) des CLASSIQUES même pas imposés par le prof de français, rendez-vous compte ^^)!

    Vers la fin de ma troisième et en classe de seconde, j'ai eu une période Harlequin/Barbara Cartland, là aussi, je vous dis pas ce que j'ai entendu. Plus tard à la fac, j'ai eu une grosse période chick-lit, là encore je me prenais des remarques.

    Depuis quelques années, je subis les moqueries à cause de la Young Adult : j'ai lu Twilight à 26 ans, donc j'avais déjà dépassé la date limite et c'est comme ça que j'ai découvert et apprécié la YA...genre que je lis toujours intensément alors que j'aurai 31 ans le mois prochain. On me dit: "toi qui adore la "vraie littérature" (ce qui n'est pas tout à fait vrai, je n'aime pas la plupart des auteurs classiques français, et j'ai beaucoup de mal avec le roman français contemporain), comment tu peux lire Twilight & co ?!!". Ce à quoi je réponds : ça s'appelle être éclectique et lire de tout.

    Bien sûr, on a tous des préjugés, comme moi par exemple la BD, genre que jusqu'à récemment je ne considérais pas vraiment comme un genre littéraire, mais je ne méprisais pas pour autant les fans de BD et je n'ai jamais dit à un bédéphile "mais comment tu peux lire ça, il n'y a que des images ?!!".

    Autre exemple : j'ai du mal à comprendre comment on peut aimer la vague actuelle de romans érotiques, j'ai lu Fifty Shades et Dévoile-moi, j'ai détesté...Mais au moins j'en ai lu pour me faire une idée (alors que j'ai remarqué que ce sont souvent des gens qui ne lisent jamais qui vous font des remarques sur vos lectures) et je ne pense pas pour autant que mes copines et copinautes qui adorent sont des décérébrées.

    Bref, tout ça pour dire que quoi que vous lisiez, il y a toujours quelqu'un pour trouver à y redire, alors franchement pourquoi s'en faire ?

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    1. Très bon commentaire et qui m'a bien fait rire, merci ! :)

      Il est certain que tu as jeté plusieurs pavés dans la mare selon les différentes étapes de ta vie, et je vois que tu n'en as visiblement rien à cirer, quel détachement ! C'est sûr que les gens trouvent toujours un angle pour critiquer... Vu comme ça, ça permet de prendre un certain recul. Une bonne philosophie de vie !

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  20. Ca fait longtemps que je revendique toutes mes lectures, même si certaines sont qualifiées de "bouse". Je m'en tape. L'essentiel est que j'y prenne plaisir, quoiqu'on puisse en dire. Je ne dois rien à personne.

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  21. Quel excellent article! D'autant plus que je me vois bien dans ce que tu dis! Et pas forcément dans les "bonnes" personnes. J'ai fais partie des gens qui ont aimé Twilight! Bon je ne le critique pas mais j'aime bien m'en moquer gentiment. Mais qu'est ce que je lui dis merci! Grâce à lui, combien de jeunes se sont mis à lire!!!

    Et puis, il y a quelques années j'étais aussi très très critique sur ce que lisait les gens. Genre Musso et Levy c'est nul et tout. A l'époque j'étais en fac de Lettres et je pense avoir été influencer par l'ambiance. Et puis, je me suis rendue compte que ces gens faisaient lire vraiment et c'est génial! Les gens ne lisent pas Proust dans le train mais au moins, comme tu le dis si bien, ils lisent.

    Et maintenant, dans mon travail (en bibliothèque), je dois parfois argumenter sévèrement auprès de certaines collègues pour faire acheter un livre plus léger mais apprécié des gens (quelques séries de bit lit ne va pas faire de mal au fonds).

    Mais j'avoue quand même être plus fière dans le train quand j'ai un livre "sérieux"... Mais ça ne m'empêche pas de lire un livre plus léger quand c'est ma lecture actuelle! ^^

    Très bel article! Bravo!

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    1. Merci pour tes compliments, Camille ! :)

      C'est sûr que lire Proust dans le train n'est pas commode, héhé. Néanmoins, j'ai lu un tome d'A la recherche du temps perdu, et j'ai vraiment adoré, ça a été un coup de coeur et une révélation littéraire pour moi. Ce qui ne m'empêche pas de prendre du bon temps avec Charlaine Harris d'un autre côté...
      En tout cas, je te soutiens pour tes commandes de bibliothèque, je pense qu'il est indispensable de proposer de tout pour combler tous les goûts ! Car ce serait fort dommage de répondre à un usager que non, on ne prend pas ce livre car ça ne rentre pas dans le gage qualité de la maison, vous comprenez... C'est un peu insultant envers le lecteur et ça risque de faire perdre un usager à la bibliothèque !

      Au plaisir de te relire ! ;)

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    2. hihi!
      Proust je ne peux pas, à cause de lui j'ai eu un 4/20 à un oral! :( (je ne l'ai pas lu c'était un oral sur un cours magistral sur la littérature du 20e)

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  22. Coucou Flora !

    Pour ma part, tu sais que je lis de tout aussi. Pour réagir face à Twilight, j'ai lu le premier tome, mais contrairement à toi, je n'ai pas vraiment apprécié, car vraiment très fleur bleue et surtout assez plat les 3/4 des pages, mais je peux comprendre l'engouement pour une telle saga. Car elle parle quand même d'un sujet qui parle aux ados : les amours difficiles, le franchissement des obstacles.

    Je suis de celles qui lit les auteurs dit populaires, et qui assume. Je préfère m'évader dans une belle histoire d'amour sauce Marc Levy que me faire chier en lisant un autre auteur, dernier exemple en date, j'ai essayé de lire le livre "Nouvelles" de Salinger. J'ai lu trois pages, j'ai rien compris, et je n'ai même pas continué. C'est très rare que je ne finisse pas un livre. Mais là c'était juste imbuvable.

    Très bel article que j'ai eu plaisir à lire. Bonne continuation à toi,

    Fiona

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    1. Coucou Fiona, ça me fait très plaisir de te lire ici !

      En effet, je me souviens de te voir lire des choses très différentes !
      Et je te rejoins car je n'ai pas accroché avec Twilight non plus (j'ai dû manquer de clarté, héhé), mais ce n'est pas pour ça que je le déconseillerais à tout prix car ce n'est pas un secret, ça plaît à beaucoup de gens, et si ça peut faire lire des jeunes surtout, je vends mon âme au diable et j'en fais de suite l'apologie !

      Bonne lecture à toi et au plaisir de te recroiser ici ! :)

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  23. J'ai lu attentivement votre article et comme je vous donne raison.Il faut lire ce que l'on a envie de lire et y prendre du plaisir.Des auteurs comme Musso ou Levy ont eu chez une de mes proches un effet bénéfique:celui d'ouvrir enfin un livre et de le lire sans ennui et par la suite d'en parcourir d'autres....Ces écrivains ont été le déclencheur d'une nouvelle passion pour elle : celle de la lecture

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    1. Bonjour et merci à vous pour votre avis !

      Je suis bien sûr totalement en accord avec ce que vous dites. Ces auteurs, Musso, Lévy, Meyer, Rowling, etc., aussi critiqués soient-ils, font lire et font découvrir la lecture à beaucoup de non-lecteurs qui une fois le plaisir simple de lire un bon livre découvert, se tournent ensuite vers d'autres livres, d'autres horizons. La soif de lecture est déclenchée, et non pas grâce aux grands et illustres auteurs, mais grâce aux auteurs populaires, ceux que l'on critique et pointe du doigt. L'air de rien, ils font grand bien au monde du livre et donnent le goût de la lecture à de très nombreuses personnes qui ne s'y seraient pas intéressées de prime abord, ou qui ont été dégoûtées de la lecture par des auteurs plus rébarbatifs ou non adaptés, souvent par le biais de l'école qui s'acharne à faire lire des auteurs qui peuvent rarement plaire à un jeune public. N'est-ce pas le comble, alors que l'école est censée donner le goût de la culture ? Un autre sujet qui mérite débat !

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  24. Bonjour
    Bravo pour votre courage. Votre article met en lumière une caractéristique très française. La schizophrénie. Les snobs détenteurs de la "vérité culturelle", élitistes, fonctionnent sur le pouvoir. Ce sont les mêmes qui prônent-valeur politiquement correcte obligatoire- la diversité! J'imagine très bien vos "tyrans" méprisants organiser dans des bibliothèques ou des salons un débat sur "la diversité" ou la "médiation interculturelle". Ben voyons! Tout ça ce n'est que du vent face à la réalité des comportements.
    Entre autres activités j'ai été professeur de soutien scolaire bénévole. J'ai récupéré deux frères jumeaux de 11 ans boudant la lecture, l'écriture et les cours de français, attitude fort compréhensible vu l'horreur des programmes. Je leur ai proposé d' écrire un portrait de leurs héros. L'un était un joueur de foot, l'autre pilote de voiture, qu'importe. L' enthousiasme leur a fait retrouver le chemin de l'écrit et de la lecture à travers des recherches menées sur internet ou dans les journaux.
    N'en déplaise aux snobs on a le droit d'admirer Anne Philippe et Victor Hugo, tout en dévorant aussi des albums pour enfants tels que le magnifique "marée d'amour dans la nuit" (ed HongFei) et pleurer d'envie devant le bel amour de "PS I love you).
    La Bd est aussi un genre à ne pas oublier.
    Nous sommes dans une société qui "formate" les comportements, et prône la soumission. Se tenir en dehors des formatages fait prendre des risques.
    bonne lecture et bon courage
    sylvie

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    1. Bonjour Sylvie et merci pour votre commentaire !

      Ce que vous dite est très juste et souligne bien la contradiction bien pensante de notre société ; faites ce que je dis mais pas ce que je fais ou lisez des livres mais pas n'importe lesquels ! Ensuite, c'est drôle que vous parliez des programmes scolaires car je travaille sur un article portant précisément sur ce sujet. Comme quoi, la "bonne" ou "vraie" littérature (selon les messieurs qui détiennent le pouvoir) ne fait pas toujours tout et peut souvent détourner un jeune de la route de la lecture...

      Bonne lecture à vous également et au plaisir de vous lire à nouveau !

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  25. J'aime beaucoup ton article. C'est tellement vrai.
    Personnellement, ça commence (quoi que non, j'ai toujours ressenti ça) à me taper sur le système qu'on ait honte de certaines lectures car certains sont vachement regardant dessus.
    Je me rappelle encore en première et terminale littéraire (ça remonte à loin mais bon), il y avait un groupe de fille dans ma classe qui se permettait d'émettre un avis haineux et hautain à tout ceux lisaient autre chose que du classique ou de l'historique. C'est à partir de ces années là que je camouflais à mon entourage ce que je lisais.
    Maintenant j'assume. Même si des critiques j'en ai encore. Comme: "quoi ? Tu as lu un Musso ? MON DIEU !" ou "tu aimes les livres Twilight ?" ou "encore des vampires dans tes livres ?".. ou ce qui revient souvent: "encore de la romance ?". Ca devient chiant... comme si aujourd'hui, on n'avait plus le droit de se dire passionné par la lecture si on lit pour se détendre (ce qui en soit est stupide).

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    1. Merci Alice de partager ton expérience !

      C'est tellement triste d'en arriver à cacher ses lectures... Et révoltant, car ça leur donne raison ! J'ai bien connu ça malheureusement, même si c'était plutôt dans le supérieur de mon côté. Ce qui me rappelle qu'à la fin de cette année, alors qu'un professeur faisait un tour de la classe pour voir ce que chacun ferait l'année suivante, et que j'ai annoncé que je faisais un mémoire sur la bit-lit, le silence qui a suivi dans la salle était plus que pesant et lourd de sens... Et le pire, c'est que je me suis sentie obligée d'ajouter : "Non mais c'est sérieux !" Pitoyable... enfin ! Dans ton cas, c'est vraiment gonflé de la part de minettes au lycée de massacrer les goûts des autres sous prétexte d'être en L, comme si ça leur donnait le droit de juger. Un bon lecteur n'est-il pas un lecteur curieux qui tente de lire beaucoup de choses ?
      Hélas, j'ai bien peur qu'on ne subisse des critiques tout au long de notre expérience de lectrice... Il va falloir s'armer de patience !

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  26. Bonjour,

    Je suis tombée sur votre article par hasard et suis très contente de l'avoir trouvée ! Je ne trouvais pas moi-même les mots pour parler des "feuilles de papier qui cachent les couvertures" et des lectures dont on a honte. Je ne dis pas que je ne trouve pas des livres plus nuls que d'autres, d'ailleurs je n'aime pas énormément le dernier Lévy ou 50 nuances de Grey... Cependant, j'essaie toujours de me faire un avis "objectif" (même si cela n'est pas possible évidemment) et de donner cet avis à ceux qui me demandent ce que je pense de tel ou tel livre. J'ai parfois du mal à dire : lis le, peut-être que tu aimeras quand je n'ai vraiment pas aimé (les 50 nuances sont le meilleur exemple) mais par contre j'essaie de le dire pour les autres livres. Je suis heureuse quand je vois les gens lire, et peu importe s'ils lisent du Musso ou du Meyer. J'en ai lu, j'en lis encore pour avoir mon propre avis dessus, et je n'aime pas me sentir jugée pour cela. Comme vous le dites, voir quelqu'un lire dans les transports devrait tous nous satisfaire, peu importe ce que c'est. J'adore tout particulièrement croiser des lecteurs de BD ou de mangas. Lire du Proust c'est bien mais si on n'y prend pas de plaisir, pourquoi se forcer après tout ?
    Je vais donc enfin pouvoir poster mon petit article, poser des mots sur cette honte que l'on ressent face au snobisme littéraire des gens du milieu. Cela va de soi, je vais mettre un lien vers votre article car il reflète parfaitement ma pensée et, je le pense, celles de beaucoup d'autres également.

    Merci infiniment pour cet article,

    A bientôt,

    C.

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    1. Bonjour et merci pour votre commentaire qui me fait chaud au coeur !

      Je suis ravie que mon article ait pu vous aider à mettre des mots sur ce phénomène, et j'ai lu votre papier avec beaucoup d'intérêt. Par ailleurs, je vous remercie pour le lien !
      Ensuite, je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il faut lire pour se faire un avis, au lieu de répéter les critiques qu'on entend. Même s'il est difficile d'être objectif (qu'on le veuille ou non, nous sommes indéniablement influencés par l'avis des autres), on goûte au moins à la chose par nous-même, et ça peut parfois nous faire changer d'avis, parfois confirmer ce que l'on pensait, qu'importe : le principal est de s'y être intéressé et de forger notre opinion, sans décourager les autres.

      Enfin, je vais surveiller votre blog, fort intéressant. Au plaisir de vous recroiser ici !

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  27. Je suis totalement et inconditionnellement d'accord avec toi. L'on attribue à certains genres des lettres de noblesse que l'on refuse à d'autres parce que sous-genres, sous-littérature ou paralittérature.

    Je suis une lectrice qui lit de tout, et j'espère que mon blog en est un fidèle reflet. Pour moi, il y a un livre pour un moment. Mon esprit a parfois besoin de littérature plus dense, comme il a besoin parfois de légèreté, de sentiments.

    J'ai une solide formation universitaire, littéraire, j'évolue dans des milieux ou il n'est pas de bon ton de lire certaines choses, mais j'assume le fait de lire aussi cette fameuse paralittérature, parce qu'elle me fait du bien. Et n'est-ce pas là l'essentiel, ce que nous apporte un livre?

    PS: pour la tête du vendeur parfois, il m'est arrivé de rétorquer à une vendeuse d'une grande librairie de ma ville qui me regardait d'un air goguenard à causse de mes achats: "vous devriez essayer, ça ouvre l'esprit!", et moi de partir, jubilant, et elle de se raidir, pestant...Jouissif crois-moi!!

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    1. Merci pour ton commentaire, Céline, et pour cette anecdote croustillante qui m'a bien fait rire, en effet ! Je ne manquerai pas d'essayer la prochaine fois qu'on me prendra de haut, car c'est direct et fin, donc ça me plaît.
      En tout cas, je suis absolument d'accord avec toi, et j'aime bien aussi voguer entre ces deux littératures, et j'ai souvent besoin de la paralittérature pour décompresser, car oui, ça fait un bien fou et c'est ça le rôle de la littérature : nous faire oublier le quotidien, nous évader l'espace de quelques heures.

      Au plaisir de te relire ici !

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  28. Je pense que c'est un excellent argument de vente des liseuses, en tout cas : plus besoin de passer à la caisse des librairies ou de mettre en avant la couverture de ce qu'on lit. Personnellement, on me regarde horrifié quand je dis que je lis en anglais... mais j'ose peu dire que je lis des romances depuis la naissance de mon bébé.
    Quand à ma librairie, je l'adorais jusqu'à ce qu'ils laissent partir leur excellent librairie d'imaginaire, et laissent mourir son rayon. Et je n'y vais plus.

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    1. En effet, en plus de pouvoir obtenir directement le livre qu'on veut sans avoir à se déplacer, on n'a plus à subir le jugement d'autrui avec une liseuse, ce qui doit faire bondir les ventes des oeuvres dites illégitimes (romance et compagnie)...
      C'est curieux en revanche que l'on te juge pour tes lectures en version originale, en général, c'est plutôt gratifiant. Le monde est très étrange, décidément.
      Arf, mince pour ta librairie, il est vrai qu'un bon libraire change vraiment la donne. Et s'il n'y a pas cette plus-value, la boutique perd nettement de son charme et de son potentiel...

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    2. Les gens ont peur de ceux qui sortent du schéma. Et lire en anglais reste un signe d'intelligence : il faut oser.
      C'est aussi étrange que lire des classiques "sans que le prof le demande" (ou à l'époque de mon lycée, de faire ses devoirs...).

      Je crois qu'en résumé, beaucoup de gens ont peur des lecteurs qui osent sortir des chemins tracés. Avant, je lisais de l'imaginaire (SF, fantasy, fantastique) et j'avais aussi droit aux gros yeux. Mais en plus les lire en anglais, c'est la syncope...

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  29. Quel bel article encore une fois ! C'est exactement ce que je ressens lorsque des gens que je connais se permettent de critiquer des auteurs "populaires" alors qu'ils ne lisent jamais.
    En lisant certains commentaires, on se sent en effet moins seules et effectivement, je vais devoir travailler sur le regard des gens : ne plus me soucier du livre que j'emmène avec moi pour prendre le bus.

    Cependant, cela me chagrine de lire des commentaires de personnes qui ont aimé une lecture, mais qui considèrent néanmoins qu'il ne s'agit pas d'un "bon" livre. Je ne comprends vraiment pas ce qui différencie un bon d'un mauvais livre. Moi si j'aime un livre, je considère que c'est un bon livre (tout en lui reconnaissant des défauts si j'en trouve bien sûr).

    Alors certes, je ne fais pas d'études de littérature, mais sincèrement, de quel droit pouvons nous accoler l'étiquette "bon livre" ou "mauvais livre" ? (Au même titre qu'une personne serait "belle" et une autre "moche"). Tout cela est, selon moi, subjectif. Le principal dans la littérature n'est-il pas de partager des oeuvres qui nous ont plus ou débattre de celles qui nous ont dérangé ?

    Enfin bon encore une fois, on en revient au problème de l'intolérance. Vaste sujet.

    PS : moi aussi j'étais une abonnée aux contemporains avant de découvrir la bit-lit et le fantastique grâce aux blogs ! Et quel bonheur de pouvoir varier les plaisirs ! :)

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    1. Merci pour ton avis, Uranele, très intéressant (comme tous les autres) !

      Oui, pour le coup, critiquer les auteurs populaires quand on ne lit pas, c'est vraiment le comble. Et vu qu'ils sont critiqués par les lecteurs également, ça leur fait beaucoup de détracteurs. Je le vois bien dans mes études, quand un prof parle de Lévy ou de Musso, les étudiants se mettent à rire jaune ou à protester. Qu'ils vendent autant de livres, on rira après...

      Pour la différenciation entre un bon et un mauvais livre, je crois que la plupart des gens qui ont évoqué ce problème distinguent leur plaisir de la qualité strictement littéraire ; ils peuvent avoir apprécié, mais juger que le livre n'est pas un chef-d'oeuvre de la littérature. Soit. Je m'en rends compte parfois également, mais si j'aime, c'est que le bouquin marche et qu'il remplit sa mission, et je ne lui demande rien de plus ! Je suis d'accord avec toi sur le fait que nous n'avons finalement pas à juger si un livre est bon ou mauvais, car c'est hautement prétentieux - même si c'est parfois ce qu'on fait avec les blogs littéraires. Je pense que ce jugement qu'on effectue automatiquement sur nos lectures vient des habitudes acquises à l'école : on classe, on hiérarchise selon les grands modèles, le légitime. Et s'en défaire n'est pas simple !

      Ah tiens, c'est curieux que nous ayons eu le même déclic pour la bit-lit et le fantastique ! :D L'air de rien, j'ai nettement ouvert mon horizon de lecture en sautant de blog en blog, il y a tellement de choses à découvrir ! C'est une des raisons pour lesquelles je ne regrette vraiment pas d'avoir tenté l'aventure. :)

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  30. Article très intéressant sur cette littérature "illégitime", question que nous sommes nombreux à nous poser à un moment donné. Il m'est arrivé d'ailleurs un épisode que j'ai du mal encore à digérer. Etudiante en master Monde du livre, en deuxième année, j'ai voulu étudier pour mon second mémoire la littérature populaire contemporaine, notamment l'auteur Marc Lévy et ses ouvrages, en abordant la fascination qu'il exerce sur de nombreux lecteurs. En laissant de côté mon propre avis de lectrice et mes goûts personnels, je trouvais passionnant d'étudier comment avec un schéma narratif simple et une communication digne des productions cinématographiques, l'auteur arrivait en tête des ventes, faisait vendre plus de livres que la majorité des écrivains français et faisait vivre par la même occasion sa maison d'édition, qui pouvait se permettre avec les bénéfices engendrés de publier des auteurs moins connus, plus "légitimes". Malgré ce sujet qui rentrait dans notre cursus, mes professeurs de littérature et d'édition ont reçu ma proposition avec un certain mépris devant la classe entière. Quelle hypocrisie ! Nos études doivent nous amener au métier de l'édition, on nous donne une formation pour qu'on puisse devenir un jour éditeur, et cependant on nous refuse l'étude d'un genre ou d'une littérature qui n'est pas en accord avec les goûts personnels de nos enseignants. J'ai envie de dire "Réveillez-vous, dinosaures ! Nous ne sommes pas tous voués à éditer d'obscures manuscrits de Barbey d'Aurevilly et le monde de l'édition ne se répartit pas en 2 groupes : ceux qui éditent la "vraie" littérature et ceux qui éditent de la m**** !". Je me dit que lorsque j'aurai fini cette dernière année, je me permettrai de leur dire ma façon de penser, non plus d'élève à professeur, mais d'égal à égal. Je finirai sur cette citation d'un des frères Goncourt au sujet d'Alexandre Dumas et ces autres auteurs populaires du XIXe siècle : "Ces imaginateurs, ces distrayeurs, ne seront jamais estimés en France. Ils seront toujours regardés comme des drôles plus ou moins gais. Car, on ne pardonne pas en France aux gens qui n'ennuient pas."

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    1. Cher charmant petit monstre (j'adore le pseudo, déjà),
      Ton commentaire est très révélateur de la tendance actuelle, en effet ! Ca ne m'étonne pas, hélas, que l'on t'ait pris de haut avec un sujet aussi peu "académique". Vois-tu, dès qu'on sort du cercle d'études sur Balzac-Zola-Duras-Vian, c'est forcément suspect. J'en fais moi-même les frais quand je dis aux gens que je fais mon mémoire de M1 sur la bit-lit : regards incrédules ("la bit-lit, késako ? Ah, des vampires, fuyons !") et jugements hâtifs je reçois. Et pourtant, ce n'est pas l'aspect littéraire, comme toi, qui m'intéresse, mais l'aspect sociologique, l'engouement du public pour ce genre littéraire. Pour nous qui voulons travailler dans l'édition, je trouve que ce sont d'excellents sujets, qui nous permettent de tâter concrètement le lectorat, ses habitudes, ses pratiques, ses envies et de comprendre un phénomène littéraire, ses stratégies. Car ces auteurs (les gens ne le comprennent toujours pas visiblement, vu leur dédain) FONT VIVRE LE LIVRE. Ce qui n'est PAS le cas de la littérature légitime (sauf auteurs archi connus). Bon, je m'emporte un peu mais l'hermétisme de l'esprit des gens me sidère chaque jour un peu plus. Parce qu'ils vendent à foison et permettent à l'édition d'engranger de l'argent (ce vilain mot qu'on abhorre alors qu'on en veut tous... l'édition n'y échappe pas, autrement elle coule), ces auteurs méritent un minimum de respect et de considération. Et c'est tellement intéressant à étudier ! Personnellement, je m'éclate sur la bit-lit, et je ne sais pas s'ils t'ont laissé faire ce sujet, mais il y a tant à explorer !
      Enfin, j'aime beaucoup ta citation de fin et la garde précieusement pour la dégainer au besoin. Et je te souhaite bon courage pour ton mémoire !

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    2. J'ai quelques camarades qui ont réussi à étudier la bit-lit, mais je ne sais plus sous quel angle ils ont "vendus" leur projet aux profs pour qu'ils acceptent de les diriger. Pour ma part, vu l'enthousiasme face à ma proposition, j'ai bifurqué sur Alexandre Dumas, grand auteur décrié (un peu comme Levy and Co) de son époque (d'où la citation des frères Goncourt ^^). Je reste sur l'étude de la littérature populaire que j'aime tant tout en restant dans le légitime avec un auteur populaire, certes, mais qui a sa place au Panthéon (la pilule "populaire" passe mieux dans ces cas-là). Merci Flora pour ta réponse et bon courage à toi aussi pour ton mémoire, dont le sujet m'a l'air effectivement extrêmement intéressant et instructif !

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  31. Je rejoins "charmant petit monstre": avec un peu (!!) de patience, les auteurs populaires décriés aujourd'hui deviendront peut-être les classiques de demain... Dumas était considéré comme de la sous-littérature par rapport à son ami Hugo à son époque. Il reste encore quelques traces de ce jugement, d'ailleurs, car on trouve en général "les trois mousquetaires" en collection Jeunesse, alors que "les misérables" est plutôt rangé en adulte. Mais le premier est bien plus lu que le second, c'est la revanche posthume de Dumas !
    Laissons donc les futurs lecteurs juger... Ils seront probablement ravis d'avoir autant de choix, et un peu étonnés par nos polémiques. Les mauvais livres seront naturellement tombés dans l'oubli, tandis que les bons surnageront !
    Signé : Hélène, agrégée de lettres ET dévoreuse d'histoires de vampires, sans complexe.

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    1. Tout à fait, vous mettez le doigt sur l'éternelle séparation entre populaire et légitime en prenant le très bon exemple de Dumas, celui que l'on critiquait pour sa "littérature à vapeur". Résultat, plus d'un siècle plus tard, il est l'un des auteurs les plus emblématiques de notre contrée. Je me gausse ! Alors, peut-être qu'un jour, la roue tournera pour d'autres qui, aujourd'hui, peinent à être reconnus...

      Merci Hélène pour votre avis, je suis on ne peut plus ravie de voir une femme "de lettres" aux goûts éclectiques et qui ne s'en cache pas, ça change !

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  32. Coucou !

    Je suis entièrement d'accord avec ton article que j'ai trouvé passionnant, et je dois dire que ce sujet est vraiment au coeur de mes préoccupations car il est omniprésent dans le métier de bibliothécaire (d'après moi). Je pense que tu te souviens que je m'occupe de la musique là où je travaille, mais je préfère le préciser pour les autres qui lisent les commentaires. Et bien ça pose le même genre de "problème" quand j'achète des CD. Du style: "Quoi ?! Tu achètes le dernier CD de Justin Bieber ?!? Tu n'as pas honte ?!" Non clairement, je n'ai pas honte et je ne vois pas pourquoi je jugerai mal un chanteur qui est apprécié par des millions de fans ! Pourquoi je n'achèterai pas UN CD de Justin Bieber, alors qu'on a une quinzaine de CD de Bach qui ne sont JAMAIS empruntés ?! Évidemment je ne déprécie pas Bach, mais à mon avis y'a aucune honte à proposer de tout, et au contraire c'est comme ça qu'on arrive à être les plus utiles possible aux gens. Pour moi, une médiathèque sert à mettre la culture à la portée de tous. Et si quelqu'un n'a pas les moyens de s'acheter le dernier livre de Marc Lévy, et bien c'est à nous de l'acheter pour lui permettre de découvrir, d'aimer ou pas et d'échanger sur ce sujet.

    Enfin je m'éloigne un peu du sujet puisqu'on parle de lectures personnelles. Pour ma part je n'ai jamais lu de Marc Lévy car les histoires d'amour ne sont pas trop ma came, mais j'ai déjà lu de la bit-lit et j'ai adoré, et je lis très souvent des livres pour enfants, pour ados, ou des mangas. J'ai déjà eu honte de mes lectures mais j'avoue que ça m'est passé depuis que je me suis rendue compte que j'avais plein de préjugés idiots sur le sujet. XD

    D'ailleurs je suis personnellement bien en peine de juger de la "qualité" d'un livre. Pour de nombreuses personnes, plus un livre est élitiste et plus il est de "bonne" qualité (je grossis le trait). Mais je ne vois pas quels critères objectifs on peut utiliser pour juger de ça. Honnêtement, plus je lis de choses différentes et plus je m'aperçois que même quand je n'aime pas un livre, je ne peux pas dire que "c'est de la merde". Je peux expliquer pourquoi ça ne m'a pas plu mais je ne peux pas en conclure que sa "qualité" est mauvaise. Et je n'arrive pas à comprendre pourquoi un livre serait de "bonne" qualité sous prétexte qu'il est difficile à lire. Par exemple, les livres plein d'humour sont en général faciles à lire, mais ils sont aussi très difficiles à écrire, et pourtant ils ne sont généralement pas reconnus comme étant de la "bonne littérature". Bref, les notions de "bonne" et de "mauvaise" littérature me laissent totalement perplexe.

    Pour terminer sur une note un peu rigolote, je suis souvent très embêtée quand on me demande mon avis - en tant que bibliothécaire - sur un livre "populaire" (à défaut d'un meilleur terme) que je n'ai pas aimé. Par exemple, on m'a déjà demandé mon avis sur Hunger games (dont je n'ai que moyennement apprécié le 1er tome), et Demain j'arrête de Gilles Legardinier (que je n'ai pas pu finir tellement ça ne m'a pas plu). Et bien j'étais vraiment très embêtée car je ne voulais pas avoir l'air intello en disant que je n'avais pas aimé, mais je ne voulais pas mentir non plus ! Comme quoi donner son avis sur un livre, c'est parfois très compliqué: je pouvais tout à fait expliquer pourquoi je n'avais pas aimé, mais je ne voulais pas donner l'impression de mépriser ces livres ou leurs lecteurs ! Du coup je me suis retrouvée à avoir honte de ne pas apprécier des livres "populaires".

    En conclusion, tu as bien raison: il faut assumer non seulement ses lectures mais aussi ses avis, parce que sinon on devient complètement schizophrène ! XDD

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  33. Désolée, je viens de voir que certaines choses que j'ai mises dans mon commentaire avaient déjà été écrites auparavant, ce qui ne fait pas beaucoup avancer le débat...Je ferai mieux la prochaine fois ! XD

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    1. Hello Maïlys (très contente de te lire ici ♥) et merci pour ton avis qui ajoute une nouvelle perspective à la discussion, contrairement à ce que tu penses ! :)

      Tout fait avancer le débat, et ton expérience en bibliothèque est vraiment intéressante (d'autant plus c'est un milieu souvent délaissé dans ma propre réflexion vu que je m'y connais nettement moins bien...). En effet, je te rejoins totalement sur le fait qu'une bibliothèque ou une librairie doit proposer de tout et s'adapter à ses usagers/clients. Si certains veulent écouter Justin Bieber, est-ce que ce n'est pas se mettre ces usagers à dos que de refuser de le leur proposer ? Dans ma conception, ces lieux sont au service des lecteurs et doivent se plier en quatre pour leur proposer ce qu'ils ne peuvent pas obtenir ailleurs. Tu as donc mille fois raisons de faire tes commandes en te mettant à la place de tes usagers et non en te basant sur ton avis ou celui d'autres collègues "ce CD c'est de la merde, je n'aime pas et il n'a rien à faire dans ma bib". C'est ça, faire preuve d'intelligence et d'adaptabilité.

      Ensuite, c'est vrai que c'est tout un bazar les goûts et les couleurs littéraires... :) Mais c'est drôle de constater qu'à la fin, c'était toi qui étais embarrassée et pas l'usager ! Tant qu'on peut argumenter son ressenti, notre jugement de livre a de grandes chances d'être un minimum intelligent et l'autre lecteur pourra ensuite se faire son propre avis selon ses goûts et ses attentes personnels.

      En tout cas, un grand merci à toi, Maïlys, d'avoir partagé ton expérience qui est vraiment intéressante ! :)

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  34. Merci, tu es trop gentille ! ;)

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  35. Alors... je vais peut-être mettre un commentaire déplacé mais... je n'ai jamais ressenti vraiment le regard des gens sur moi quand je lisais un livre, c'était plutôt mon ancienne qui me critiquait et qui disait même que je lisais trop (en fait tout était bon pour me faire passer pour une folle), tout ça pour dire que ce n'est pas le regard des gens qui importe comme si justement annoncé mais bien toi et toi. Ce que tu lis te regarde et c'est même en lisant des livres dénoncés comme "mauvais" qui se révèlent non pas mauvais mais intéressants. Si ça les amuse de juger c'est qu'ils n'ont pas l'esprit ouvert et s'ils n'ont pas l'esprit ils restent coltiner dans leur univers élitiste (je les imagine très seul ces gens là je ne sais pas bien pourquoi). Chaque livre est unique, si l'on y regarde de plus près à atterrissage du roman ce genre était considéré diabolique (d'ailleurs ce n'était pas un mal puisque les écrivains ont pu trouvé des parades et donc donner un plus aux lecteurs). Voilà donc n'ayons pas honte de montrer ce qu'on lit car chaque lecture est un monde à part entier, ça nourrit le lecteur. Et qui irait te mordre pour un brownie au chocolat franchement (même la mode des insectes on juge pas on y va ça devrait être pareil pour les livres).

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    1. Ma chère Vagabonde, ton commentaire n'est absolument pas déplacé, mais il reflète simplement ton opinion, beaucoup plus affirmée que celle d'autres lecteurs ou même que la mienne. Je pense que chaque personne est plus ou moins sensible au jugement et à la critique d'autrui, et à la pression sociale en général (rentrer dans un moule, tout ça), mais je vois que ce n'est pas ton cas, tu as bien de la chance ! Pour ma part, j'étais plutôt dans la première catégorie, mais j'ai réussi à évoluer avec le temps, même si j'ai encore du chemin à faire. Dans tous les cas, je suis entièrement d'accord avec toi sur le potentiel que chaque livre renferme, et le plus "mauvais" pour l'élite peut renfermer des merveilles pour d'autres lecteurs.

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  36. Je dois dire que je ne me sens pas trop concernée par ces préjugés

    Je suis lycéenne en Terminale L et je lis vraiment de tout et j'ai toujours un livre que je lis dans le car entourée d'un tas de collégien et de lycéen et c'est vrai que les seules remarques que je subi sont : "Bah tu n'avais pas ce livre hier, tu as déjà finis ?" ou bien "Tu lis en anglais, wow comment tu fais ?!"
    Et même dans ma classe, la plupart on lit et on adore ce partager nos lectures, se faire découvrir de nouveaux livres, etc... En plus étant en L, je me suis vite rendu compte que j'étais assez éclectique dans mes lectures, je peux très bien lire du Camus comme du Kiera Cass, et avec mes amies on est comme ça et je pense que c'est grâce à la nouvelle génération de livres.

    Peut-être que certains trouvent Twilight, Harry Potter, Hunger Games, Fifty Shades, etc... sont des lectures "basses" mais sérieux c'est grâce à de tels auteurs que de plus en plus de gens lisent des livres. Combien de jeunes se sont mis à lire grâce à Harry Potter ou encore aujourd'hui Nos Etoiles Contraires. Donc oui c'est peut-être "merdique" pour des "anciens" mais qu'est-ce que ça marche pourtant ! Puis il ne faut pas oublier que plus tard, ces livres seront des classiques à leur tours !

    Je trouve qu'on ne peux pas dire qu'un livre est de la merde si des millions de gens l'ont acheté ! Je pense bien sûr au Twilight, j'adore cette saga et je ne pense pas la détester un jour et je ne peux pas supporter quelqu'un qui va dire à une autre personne qui lit cette saga : "Pwouah va te cacher avec ta merde" Non ce n'est pas tolérable surtout que la plupart qui disent ça sont des personnes qui ne lisent pas !

    Bon j'avoue également que je peux avoir des préjugés sur une personne quand elle lit. Par exemple l'année dernière, une fille lisait en classe Fifty Shades et elle s'est fait chopée et envoyer dans le bureau du proviseur et elle a du expliquer ce qu'elle lisait, à sa place j'aurais eu honte un peu surtout que presque tout le monde sait de quoi parle ce livre. Mais elle est revenue dans le prochain cours et elle continuait de lire le livre et je me suis dis que j'étais bête car après tout c'est un livre comme les autres et la preuve aujourd'hui, je les ais lu et j'ai juste adoré !

    Mais en tout cas super article qui j'espère vont faire réfléchir certaines personnes !

    Bisous xx
    Eva
    heavenstreets.blogspot.com

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    1. Merci Eva pour avoir partagé ton expérience et ton opinion, avec laquelle je suis bien entendu d'accord.

      Pour ma part, j'ai aussi été en filière L au lycée et pour le coup, certaines personnes de ma classe ne se privaient pour juger les lectures d'autres camarades, notamment Twilight. Tu as donc de la chance d'être tombée dans une classe tolérante, car ce n'est pas toujours le cas.

      Et pourtant, comme tu le fais remarquer, ce sont grâce à Harry Potter, Hunger Games ou Twilight que les jeunes lisent et que le marché de l'édition ne se porte pas "trop" mal. Et en ce qui concerne des livres comme Harry Potter, c'est déjà devenu un classique à mes yeux et pour beaucoup !

      Après, beaucoup de gens pensent que si un livre marche autant, c'est louche, à l'image de Marc Levy : ça plaît, donc c'est pour le peuple et c'est forcément bas de gamme. Dommage, car la qualité peut aussi plaire au plus grand nombre, même si je n'ose pas affirmer que tous les livres populaires sont de qualité, comme dans tous les genres, il y a de tout, du bon et du mauvais.

      Quant aux préjugés, c'est difficile de ne pas en avoir car c'est tout bonnement humain, mais c'est bien de s'en rendre compte et de travailler dessus pour les déconstruire.

      Encore merci pour ton avis et au plaisir de te relire par ici !

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