dimanche 21 juin 2015

Let the Sky Fall, Shannon Messenger : autant en emporte le vent


Personne ne s'explique que Vane Weston ait pu survivre, enfant, à l'ouragan qui a tué ses parents. À son réveil, étendu parmi les débris laissés par le passage de la tempête, il n'avait pas le moindre souvenir de son passé – à l'exception du beau visage d'une fillette ballotée par les vents. Malgré les années qui passent, elle rend de temps en temps visite en rêve au jeune homme, qui s'accroche à l'espoir qu'elle ne soit pas qu'un fantôme. Il ne croit pas si bien dire. L'inconnue, Audra, est un être de chair et de sang, mais elle n'a rien d'humain. C'est une sylphe, une créature liée au vent, qu'elle sait manipuler pour voler dans les airs, transmettre des messages ou livrer bataille. Sa mission ? Le protéger. Malheureusement, l'histoire se répète : une maladresse et Audra révèle à leur pire ennemi l'existence de Vane…

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Let the Sky Fall. BIM ! C'est pas un titre qui claque sa mère ? Ça sonne un peu comme un James Bond, je trouve. Bon, sauf que ça n'a rien à voir, mais j'avais juste envie de le dire. Franchement, ce premier tome de la nouvelle trilogie young adult de Shannon Messenger, la talentueuse auteure des Gardiens des Cités Perdues, c'est peu dire qu'on l'attendait de pied ferme. Je sais pas vous, mais moi, quand j'ai vu que Lumen allait le traduire, j'ai carrément sauté au plafond. L'histoire promettait d'être vraiment originale, et si la couverture américaine envoyait du rêve, que dire de celle concoctée pour l'édition française ? Moins estampillée « romance », nettement plus dynamique et inquiétante, elle trahit parfaitement la tension qui grésille tout au long de cette première aventure. (Il faut dire qu'en choisissant Mélanie Delon, Lumen me prend un peu par les sentiments.) Alors, sortez vos K-Way, une tempête se prépare à l'horizon. Et ça va déménager sévère.

Commençons par le meilleur : l'originalité de Let the Sky Fall. Parce qu'avouons-le, c'est un sacré souffle de fraîcheur, dans une production qui tend de plus à plus à l'uniformité. Alors, est-ce que le contenu est à la hauteur de la promesse du pitch de départ ? Aucun doute là-dessus : il l'est. Loin de l'Atlantide et des elfes des Gardiens des Cités Perdues, Shannon Messenger nous fait cette fois virevolter au gré du vent. Ou plutôt, devrais-je dire : des vents. Car c'est bien l'air qui se trouve au cœur de ce nouvel univers, avec les quatre vents issus des quatre points cardinaux qui possèdent chacun son caractère bien à lui — doux et chaleureux pour celui du sud, froid et belliqueux pour celui du nord. Et pour les sylphes, ces êtres à l'apparence humaine qui se révèlent des élémentaires de l'air, les vents se modulent, s'apprivoisent, se contrôlent. Ils ont pour noble mission de protéger les hommes (affectueusement appelés les « rampants »), en détournant les ouragans, en apaisant les vents destructeurs. J'ai découvert ce monde des vents avec une fascination croissante, à la fois admirative devant les possibilités infinies qu'offre le vent (comme voler, par exemple), mais aussi la force destructrice de celui-ci. (Je peux vous dire qu'après Let the Sky Fall, je ne faisais pas la maligne quand je sentais une brise me fouetter le visage.) Sauf que bien sûr, quand il y a du pouvoir, il y a toujours un sombre connard qui décide de diriger le monde à sa façon. Et c'est contre lui que notre duo de protagonistes devra lutter, au péril de sa vie.


Justement, parlons un peu de nos deux héros. Vane, d'un côté, jeune homme d'apparence tout à fait normale, qui vit avec ses parents adoptifs dans un trou paumé de Californie du Sud, où l'air est étouffant, irrespirable. Audra, de l'autre, jeune sylphe puissante qui exerce son rôle de gardienne avec une rigidité exemplaire, avec sa tresse serrée réglementaire toujours parfaite et son uniforme impeccable, rongée par une culpabilité secrète et qui a juré de protéger Vane, envers et contre tout. Je les ai adorés, l'un autant que l'autre, et si le côté fanfaron de Vane m'a souvent fait sourire, la rigueur et la blessure profonde d'Audra m'ont profondément touchée. On se doute bien que les deux vont se tourner autour, Vane rêvant d'Audra depuis l'ouragan qui a tué ses parents, et si le jeu de chat et de la souris qui se met en place est parfois un tantinet énervant (parce qu'on veut qu'ils se la roulent, cette pelle, bon Dieu !), leur relation est étonnamment belle, respectueuse, profonde. Le duo formé par Vane et Audra se révèle donc d'une grande force et porte magnifiquement le roman, chacun à sa manière. En effet, Shannon Messenger use d'une narration alternée, qui nous livre le point de vue des deux personnages. Et cerise sur le gâteau, le petit personnage de Gavin, l'oiseau d'Audra, celui qui est à l'origine de tout et ce petit coquin qui aime s'acharner sur le pauvre Vane, m'a fait craquer. Décidément, je craque toujours pour les animaux laissés pour compte (comme Pogg dans Witch Song, ô mon Pogg d'amour !).

Côté action, les effets spéciaux en mettent plein les mirettes, et on en redemande ! La grosse baston ayant lieu à la toute fin de l'ouvrage, on pourrait croire qu'il ne se passe pas grand-chose dans le reste de ce pavé assez épais. En effet, après la découverte de Vane à propos de sa nature de sylphe, la majeure partie du récit est consacrée à son entraînement par Audra. Mais pas une seconde, je ne me suis ennuyée. Parce qu'entre les flashbacks, les révélations, les retournements, le danger qui se précise de plus en plus et cette course contre la montre (ou plutôt, contre l'arrivée imminente des Foudroyeurs), c'est bourré de tension. Et il n'y a pas une seule accalmie.
Bref, avec Let the Sky Fall, Shannon Messenger nous ballote comme un vent furieux de la première à la dernière ligne, nous balance des tas d'émotions à la figure comme les débris projetés par une tornade, et nous laisse hagard, à la fin. Parce que cette fin — aaaargh ! — je ne m'y attendais pas ! Mais j'ai surtout envie de me jeter dans le tumulte de la suite, Let the Storm Break, qui n'annonce pas une joyeuse brise légère… Ça va encore péter sévère. Et je me fais une joie d'être de nouveau dans la tempête.

Let the Sky Fall, Shannon Messenger.
Lumen, 2015, 501 pages.

7 commentaires:

  1. Ca a l'air plutôt sympa mais je me dis "encore une saga???" parce que je n'ose même pas faire le compte des sagas que j'ai en cours :S Mais je me le note, on sait jamais ;)

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  2. Une lecture qui me tente bien, surtout après avoir lu ta chronique ! :) Ta citation est superbe je trouve *-*
    J'avais déjà flashé sur ce livre pour sa couverture en VO (oui, j'avoue, j'ai craqué juste pour l'esthétique... Mais franchement, elle n'est pas magnifique *-* ? :') Du coup, j'hésite à découvrir cette histoire en VF ou en VO, car je ne suis pas nan plus super forte en anglais^^'

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  3. Bon ta chronique c'est de la dynamique. A cause de toi, j'ai envie de courir acheter le livre. Oui, courir!!!! Espérons que je ne sois pas arrêter par le vent entre temps. (Oui, j'aime les blagues pourri :P) A bientôt Flora.

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  4. Tu me donnes envie de sortir ce livre de ma PAL plus vite que prévu hihi, je te souhaite une bonne fin de semaine livresque.

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  5. Mon Dieu tu écris vraiment des chroniques magnifiques.
    Promis dès que le tome 3 sort en VO, je lis cette saga !!

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  6. Pfff, je lis ta chronique et je me dis "Haan, super". Mais j'sais pas, j'ai pas DU TOUT accroché. Genre dès le chapitre 15, je comptais les pages qui me séparaient de la fin >.<
    En plus j'en ai eu rapidement marre des fantasmes de Vane (la tresse d'Audra OMG !!!). Bref. Peut-être que le 2 me bottera plus ?

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